Un instant avec … Greg d’Elektro System

Il y a peu, je suis allé poser des questions à Greg. Il fait partie des monuments historiques de la ville de Lyon et incarne une structure approchant la vingtaine d’années. Plus exactement quinze ans d’organisation de soirées dans les pattes mais plus actif que jamais à travers ses différents concepts : il m’a raconté l’histoire d’Elektro System ; la sienne.

Salut Greg. Merci de me recevoir. Tu es donc le créateur d’Elektro System, structure quasiment devenue une institution, faisant partie des meubles. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ses débuts, comment tout s’est passé ?

Bien sûr. On a commencé au Space en 1999. On s’est occupé de la direction artistique pendant un an, ensuite on est parti pour découvrir d’autres clubs. Notamment le Titan, le Box-Office, qui d’ailleurs n’existe plus. Nous avions lancé les premières soirées Hypnotik là-bas en 2001.

A la base le rendez-vous Hypnotik était un rendez-vous mensuel le dimanche soir. C’est en 2002 et 2003 on a transposé sur un samedi mensuel, et d années en année c’est plus devenu un festival, qu’une soirée.

J’ai cru entendre que tu as fait quelques rave party en plus de faire des soirées en club.. ?

Et bien au début, Hypnotik était en format club. Puis on a vite bifurqué sur des châteaux, des lieux assez insolites… Qui étaient plus considérés comme des raves que des soirées, même si nous avions toutes les autorisations et que tout était fait de manière très sécuritaire !

Vous organisez aussi les mythiques soirées Déstructurées, les Fantasy ou encore les garçonnières dans un style un peu plus trash sans parler des concepts précédents. Se diversifier, une vocation des premiers jours ?

C’est exactement ça, l’idée est d’avoir un public cosmopolite. Ouverte aussi bien aux clubbers, qu’aux ravers, qu’aux gays. On a toujours prôné l’éclectisme dans nos soirées, à tous les niveaux.

greg Elektro System

 

A savoir que le milieu house techno d’aujourd’hui vient surtout du milieu gay…

Oui, les gays sont précurseurs à ce niveau ! Un public toujours très festif et tolérant, qu’on aime bien.

Tu es donc à l’initiative du festival Hypnotik. Tu as surement du rencontrer quelques galères lors du passage en format festival ?

Et bien… On est en France ! Dès que tu parles de musiques Electronique, c’est compliqué… L’image du mouvement n’est pas très positive et on se heurte aux administrations pour les autorisations. Mais Année après année on arrive à instaurer un dialogue, la popularisation du mouvement aide et on fait de plus en plus confiance aux organisateurs.

hypnotik-13-mars

 

Un évent de cette ampleur doit être un sacré chantier. De manière globale quels sont les acteurs qui t’épaulent sur un tel projet ?

On a diffèrent acteurs, la salle en elle-même apporte un soutien majeur en logistique, on travaille avec beaucoup d’associations qui font de la prévention (Keep Smiling, Avenir Santé, Croix Rouge), on travaille aussi avec des médecins urgentiste…

Puis tous les prestataires pros en terme de son, lumière, déco… Un chargé de sécurité… Et j’en passe !

L’édition de cette année a de quoi faire parler d’elle ! On retrouve notre petit Sam Paganini qu’on a reçu  pour la première Nocturne au Kao, et des artistes incontournables, comme Anja Schneider, Len Faki ou encore Pan Pot. Deux presque nouveaux venus ; Zenker Brothers & Compass, l’alias de Pascal Roeder. Une idée à toi ?

Oui. Toute la programmation à part la salle Trance avec Hadra est faite par Elektro System. Je me suis occupé de la programmation des trois salles en essayant de faire quelque chose de très éclectique pour représenter un large panel des musiques Electronique.

Chaque salle se veut progressive, amène à un dénouement. Elle projette une certaine idée de la musique, évolue à travers la soirée.

hyptnotik 2015

 

Et cette année, plus de scène Hardcore ?

Sur la scène Hardcore / Hardstyle, c’était malheureusement trop de contraintes en terme de sécurité et nous avons dû nous abstenir. Le cahier des charges de l’édition 2015 est complétement différent et nous avons dû nous y adapter…

Au niveau du nombre de personnes attendues pour cette édition 2015 ?

Nous attendons cette année 13 000 personnes, un peu plus que l’année dernière. Mais la configuration est complètement différente. Nous sommes sur une édition pratiquement inédite !

Sous un autre format, Nuits Sonores fait aussi partie des grands festivals de la ville. As-tu quelques mots sur eux ?

C’est un festival incontournable en Europe ! Il a vraiment donné un engouement aux musiques Electroniques à Lyon. Il aide au développement de la scène locale, apporte une effervescence à ce niveau et c’est très important que la ville possède ce genre de festival.

Comment vois-tu Lyon vis-à-vis des autres grandes villes d’Europe ?

Et bien, je vais parler de ce que je connais. Depuis quinze ans que j’organise des événements sur Lyon, les choses ont beaucoup évoluées. La musique Electronique est plus populaire, les choses se sont accélérées. Mais Lyon n’a rien à envier à d’autres grosses capitales Européennes en termes de salles, de promoteurs.

L’esprit y est solidaire, il y a une bonne entente globale. On voit beaucoup de partenariats et chaque collectif à ses convictions, on assiste à une professionnalisation du milieu.

hytpnotik-4-octobre

 

Et tu as donc vu éclore cette effervescence à Lyon. C’est positif ?

Oui, dans le sens ou plus de monde s’intéresse à ce qui était il y a quelques années une niche. On entend les musiques électroniques partout, à la radio, à la télé…

Pense tu que cela s’est peut-être trop démocratisé ? Qu’on perd le coté authentique de la chose ?

Ça doit faire partie de l’évolution des choses ! Mais il y a toujours des événements peu médiatisés où on est encore en lien avec le fameux esprit Underground de l’époque ! IL faudrait peut-être trouver la définition de ce mot d’ailleurs…

Il paraît aussi qu’il y a un bateau cool qui a ouvert il y a peu du coté de Confluence… Le Bellona ? Quelques mots dessus ?

Oui, c’est un nouveau projet qui n’est pas en lien avec ce qu’on fait. C’est un bateau événementiel restaurant, avec un petit club House ouvert uniquement le samedi,  voué au plaisir et avec Hervé AK à la DA. L’aspect principal reste le côté restauration du bateau.

bateau bellonna

 

Vous continuez à coté tous vos concepts ?

Oui, et on fête nos 15 ans le 10 Novembre au Double Mixte. L’idée était de présenter ce qu’on fait depuis quinze ans, avec les acteurs majeurs qui nous suivent depuis le début. On retrouve Atmos pour  la scène Trance, Dubfire, Ellen Allien et Popof pour la scène Techno… C’est un peu les personnes avec qui on travaille depuis longtemps.

Merci de m’avoir donné de ton temps Greg. Pour finir une petite question sympa, as-tu un souvenir sympa à nous raconter ?

Il y en a tellement… J’en ai une mais je ne peux rien dire… Non vraiment, j’essaye de rester discret et de laisser ce qui se passe en coulisse, en coulisse !

 

Et bien merci encore Greg pour m’avoir donné de ton temps ! Rendez-vous samedi pour l’édition 2015 d’Hypnotik !

 

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