Un instant avec … Teho & Tran

En 2014, parmi les nombreux artistes que nous vous avons proposés, Teho et Tran nous ont laissé une forte impression : une belle rencontre humaine, mais aussi un live sublime qui nous a transporté. Nous les avions interviewés peu après leur passage à Lyon, avides d’en savoir plus sur ces deux orfèvres du son.

Bonjour les gars !

On a voulu vous poser quelques questions sur votre superbe EP, « KOTO » qui est sorti chez sur Herzblut Recordings, le label de Stephan Bodzin. On a été un peu scotché à l’écoute, c’est comme toujours très mélodique, avec une puissance émotive qu’on adore dans vos productions respectives et qui explose dans vos collaborations. Évidemment on retrouve votre patte habituelle, mais avec une influence asiatique qui ajoute une touche de mélancolie et d’évasion … bref on est conquis.

Alors pour commencer on va vous demander de vous présenter respectivement, et de nous expliquer un peu votre parcours ! Alors, qui êtes-vous, comment avez-vous commencé la musique ?

Teho : Salut ! Je m’appelle Théo, j’ai 24 ans et j’habite à Montpellier. Au collège, un ami de ma mère m’avait prêté une basse. J’essayais de refaire de tout ce que j’écoutais à l’époque, principalement du rock. J’ai commencé à découvrir la musique électronique avec Daft Punk principalement, leur live aux arènes de Nîmes m’a mis une grosse claque. Plus tard, je découvrais Popof, Maxime Dangles, et d’autres…

Tran : Salut, et bien je m’appelle Boris Tran (d’où mon nom de scène très recherché!) je suis originaire du Nord de la France et j’ai passé toute mon enfance en Belgique où j’ai eu un contact très tôt avec la musique électronique qui est une institution là-bas. En 2001 j’atterris à Sète à côté de Montpellier. En 2004 je commence à sortir dans les clubs de la région (La Nitro, Le BarLive,…) c’est à ce moment que mon affinité avec la musique électronique a débuté.

Ça commence à faire un petit moment qu’on vous voit travailler ensemble, que ce soit pour des EP ou pour votre Live qui est assez incroyable, comment vous en êtes venus à vous rencontrer, et à faire de la musique ensemble ?

Tran : On était déjà amis avant de commencer à faire de la musique. Vers 2006, un ami de travail m’a fait découvrir Fl Studio. Je me suis vite empressé de montrer ça à Théo. Et c’est de là que tout est parti.

Teho : On s’échangeait nos tracks et parfois on faisait des tracks ensemble ! Maintenant on est passé sur Ableton Live. On a progressé dans les techniques et du coup, on a décidé de faire un live Teho & Tran. Le principe c’est que dans nos lives solos, on ne jouait pas nos tracks en duo, pour que le Live Teho & Tran soit vraiment inédit.

On va parler de Koto, qui est donc votre dernier EP ensemble en date. A l’écoute on sent bien qu’il y a une histoire derrière, c’est le genre de truc qui te fait voyager quand tu l’écoutes. Alors racontez-nous, qu’est ce qui se cache derrière cet EP, et pourquoi ces sonorités orientales ?

Teho : En fait, Boris a toujours utilisé la musique orientale dans ses productions. C’est toujours un côté que j’ai adoré chez lui. Du coup, on voulait vraiment faire un EP autour de ça.

Tran : En effet j’ai toujours apprécié les instruments orientaux et mon amour pour la culture japonaise nous a amenés directement au Koto, un instrument à corde traditionnel dont les sonorités m’ont toujours fait voyager… Kabuki est une forme de théâtre antique Japonais qui tout au long de l’histoire est rythmé par des tambours. Kabuki est illustrée par du chant de la danse de l’habileté et surtout beaucoup d’énergie !

Teho : L’histoire d’Asakusa commence quand je suis parti au Japon. J’ai vraiment été impressionné par ce quartier du Japon. Il est connu pour son temple bouddhiste et sa porte du tonnerre. Je pense que le morceau représente bien ça, le calme mais en même temps la puissance.

Quand on écoute Koto, on est frappé par la cohérence des deux tracks qui sont vraiment dans le même esprit et se complètent parfaitement, on a bien l’impression que ce sont les deux moitiés de la même histoire. Pour la suite, auriez-vous envie de passer du format EP au format album ? Peut-être pour pouvoir raconter une histoire plus longue ?

Teho: Pourquoi pas ! Mais pas dans l’immédiat, je pense, on a besoin de plus de temps pour se lancer dans un projet comme celui-là. Notre live raconte un peu notre histoire au fil du temps.

Vous avez donc d’autres projets de collaboration ensemble ? Teho & Tran, c’est de l’histoire qui va durer ?

Tran : c’est une histoire qui ne fait que débuter !

On espère bien vous revoir très bientôt à Lyon, on a encore des étoiles plein les oreilles quand on repense à votre live au début de cette année. Vos meilleurs souvenirs de tournée ? Une anecdote marrante à nous raconter ?

Teho : Je me souviens d’une fois au Spartacus, on ne jouait pas ce soir-là, c’était une soirée Inlab avec Microtrauma. Au moment d’aller les chercher à l’hôtel, le Spartacus était tellement blindé qu’il était impossible d’aller jusqu’ à la voiture prévue, et du coup on a dû prendre ma voiture, à l’époque j’avais une vieille Citroën AX, la voiture minuscule ! Sauf que Microtrauma sont des mecs ultra grands et costauds, avec leur matos. C’était vraiment drôle !
Sinon je pense que chaque soirée est différente et c’est (presque) toujours un pur plaisir. Je me souviendrai quand même particulièrement de la Bergwacht à l’Artheater de Cologne (Allemagne). Le public était totalement imprégné par le son, les gens étaient totalement survoltés et ils voyagent dans ton univers. C’est un partage avec le public. J’ai adoré !

Tran : Je n’ai pas d’anecdote particulière, chaque live a eu son lot de surprises. La principale chose que je peux relever, ce sont des rencontres inoubliables avec des vraies personnes qui partagent la même vision de la musique électronique.

N’to, Micrautrauma, Van Did, olivier lieb, Romulus, on ne compte plus les artistes qui vous ont remixé l’un ou l’autre. Avec qui auriez-vous envie de travailler ? Si vous pouviez choisir n’importe qui ?

Tran : Pour ma part si j’avais le choix il y en aurait des milliers ! Mais j’apprécie particulièrement le travail de composition d’Emilie Simon qui pour moi est vraiment une artiste à part.

Teho : c’est pareil pour moi, c’est trop dur de choisir, il y a tellement de possibilités avec la musique électronique et je vois ça comme un partage. Mais peut être Thom Yorke (le chanteur de Radiohead) ça pourrait être super intéressant. Il a fait beaucoup de projets plus expérimentaux comme Atoms for Peace que j’adore !

Dans votre playlist, il y a quoi en ce moment ?

Teho : Darkside, Moderat, Rone en électronique parmi d’autres… Mais j’écoute pas mal de rock aussi comme Gary Clark Jr, Black Keys, The devil makes Three, …

Tran : Sigur Ros, Emilie Simon, Franck Sinatra, Joe Hisaishi, Hans Zimmer, Pupajim, … c’est très éclectique.

Un mot pour la fin ? Sur vos projets, vos envies ?

Tran : J’ai pas mal de tracks qui sont de côtés qui ne demandent qu’à sortir et j’hésite encore entre plusieurs EP ou alors un Album. En tout cas le projet est en cours …

Teho : Je travaille sur plusieurs projets, notamment un nouvel EP avec Van Did, on a fait aussi deux tracks avec Karl M lors de mon passage en Belgique. J’ai également quelques projets solos à venir, un remix de Trinity & Beyond pour Cinematique, des originaux… Et des envies, j’en ai tellement ! On verra ce que l’avenir nous réserve.

Avant de vous quitter, il faut qu’on sache …. Bière ou Pastis ?

Teho : Bière (avec un petit Whisky de qualité) 🙂

Tran : Vin Rouge et Saucisson !

 

Interview par Nicolas LABAN

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