Voyage saisonnier au Weather Festival

Samedi 7 Juin le parc des expositions du Bourget était envahi par  le main event du Weather Festival de 12h à 10h (soit 22h de son non-stop).

 

Avec des teasers impressionnants et des interviews d’artistes de renom,  il faut dire que l’engouement autour du festival ne cessait d’augmenter, et il y avait de quoi. Mais les moyens mis en œuvre pour la communication se sont avérés justifiés. Effectivement, c’est plus de 35.000 festivaliers venus de toute l’Europe qui ont été présents sur le site du Bourget !

Arrivé à 15h sous un soleil de plomb, l’entrée était fluide, les bénévoles ainsi que les agents de sécurité étaient accueillants et de bonne humeur. Une fois entré sur les lieux, on vous donne un plan du site avec la time table, et c’est parti (vous aviez aussi la possibilité de déposer votre sac dans un casier pour 6€ pour les intéressés).

On se rend vite compte de l’immensité du lieu en rentrant dans le hangar de la scène automne. De nombreux bars sont mis à disposition au sein du site évitant ainsi les heures de queue interminables pour acheter une petite bière. Néanmoins, à 5€ la bière de mauvaise qualité et 9€ la pinte, le premier hic pointe déjà le bout de son nez. En revanche la bouteille d’eau était à 2€, ce qui est tout de même convenable. Il était aussi possible de remplir sa bouteille d’eau aux toilettes gratuitement tout au long du festival. Ceci dit, nous ne sommes pas (que) là pour boire, nous sommes aussi là pour profiter de la musique. Et à ce niveau-là, il faut dire que les attentes étaient immenses au vu de la programmation avec de nombreux artistes de qualité.

En effet,  RPR Soundsystem prenait les commandes de la pharaonique scène printanière pour y installer sa tech-house mélodieuse mais qui peut aussi se montrer tranchante malgré le son qui a sauté quelques fois en début de set.

Petit détour pour le début du set de Hold Youth, envoyant de la Deep House histoire de se chauffer au même niveau que le soleil toujours aussi étincelant, on regrettera tout de même quelques erreurs dans le mixage qui ont ternies la qualité des tracks choisies.

Bref, il est 17h et il est aussi temps de passer aux choses sérieuses. François X va s’installer côté Automne. Après son dernier EP explosif  sorti sous son label Dement3d.

On s’attend à quelque chose de très dynamique de la part du Parisien !  Il n’a même pas mis 5 minutes avant de commencer à envoyer la purée, confirmant que ses présences au Berghain ou régulièrement à la CONCRETE  n’ont rien d’anodin.  En plus de la scène de folie et d’un son monstrueux, le set de 2h a été lui aussi, complètement dingue.

A la fin du set, on comprend alors d’ores et déjà que le Weather Festival, a pour ambition de devenir le plus gros festival techno de France (voire d’Europe ?) et il n’a presque plus à rougir devant les festivals allemands (si ce n’est le devant le prix de la bière !).

Et en parlant d’allemands…  Un de ceux d’Ostgust Ton, Marcel Fengler prend place et confirme qu’à 19h, la soirée a déjà bel & bien commencée !  De la techno lourde, industrielle & mentale à souhait. Enfin… Jusqu’à environ 19h50 où une coupure de son a eu lieu… Dur retour à la réalité, surtout quand on était vraiment en train de prendre une leçon de techno.
D’ailleurs, il est 20h et c’est une des stars du Weather Festival, Ricardo Villalobos, à la tête de la scène printemps qui va entamer son spectacle. Avec un début de set très Deep & mélodieux, il est vite revenu dans son style qui lui est propre : décalé.  De quoi ravir ses plus grands fans !

21h15 : Rodhad a déjà démarré depuis 15min, il est hors de question de louper ce RDV après le set de folie qu’il avait passé lors de la Nuit Rouge à Marseille sans parler de celui aux Nuits Sonores à Lyon. Malheureusement, je ne sais pas si mes oreilles étaient arrivées à saturation mais le son était mal réglé, presque désagréable. Heureusement que le set était comme prévu, monstrueux.

 

Mais il était déjà peut être trop tôt, pour élire le meilleur set de la soirée quand on savait ce qui allait suivre…

Epuisé, à bout de force, il était temps d’aller manger un bon morceau et de voir ce que ces stands nous proposaient ! Horreur, minimum une heure de queue à chaque stand, ruptures de stock des produits en continu, un prix élevé pour une qualité réduite (pain lidl avec saucisse 1er prix, il fallait découper le pain soi-même…). Il fallait compter au moins 10€ pour se remplir la panse, et encore…
Ne voulant pas perdre une miette (des différents sets), je pris donc la décision de me rendre au bar, et de manger… des bretzels, qui elles, étaient gratuites. Beaucoup de bretzels, sûrement trop pour une soirée. Toutefois, elles n’étaient pas si mauvaises, et au vue du temps pour commander une simple frite, il fallait mieux s’en contenter (NB : Prévoir quand même de l’eau, ça donne soif et quand le pâté de bretzel descend la gorge et s’y arrête en raison du manque sec de fluidité au sein de l’œsophage, c’est vraiment désagréable).
A l’avenir, je vous suggère d’installer plusieurs stands de fruits & légumes à 1€ ou 1 token les deux (pastèques, bananes, melons, oranges) .

Mais pourquoi se plaindre, quand Chris Liebing va faire étalage de sa technique et de ses playlists dévastatrices sur la scène Hiver ?  Véritable boucherie sonores, avec des sacrés morceaux, et une scène… sublime. Un public chaud bouillant dans cette chambre froide,  où le son d’une qualité rare pour le volume fourni,  retentissait. De minuit à 3h, le public était dingue, complétement fou.
Je vous avouerais qu’à cette heure-ci, je pensais déjà que le Weather Festival venait de s’installer parmi les meilleurs festivals de techno Européens au même titre que le Awakenings et Time Warp.

 

On sortait un peu prendre l’air juste avant Len Faki, histoire de se rafraîchir… Quand soudain, des confettis jaillirent à notre droite, là où se trouvait un chariot. Intriguant, n’est-ce pas ? Oui. Surtout quand on voit le logo Jägermeister écrit en gros, et des belles nanas pour nous le distribuer.
Gratuitement. C’est officiel, Weather Festival : je t’aime.

Hmmmmm, de délicieux petits shots de Jäger. On reprit donc la route vers les tables pour se reposer un peu, quand soudain rebelotte. Et même, jackpot. Cette fois ci ce ne sont plus de simple petits shots, mais de grandes fioles qui sont distribuées, avec en cadeau, un joli polaroïd !!!
Une chose en entrainant une autre, l’envie de se reposer passa aussi vite que le début de cette soirée complétement folle, il est temps de retourner voir les artisans du spectacle.

Il est déjà 3h du matin et vite, le fameux  Len Faki va faire son entrée. Toujours attendu avec ferveur, il a une fois de plus répondu présent comme à son habitude. Avec ses hats et ses claps dont il a le secret, il ne cessa d’enflammer la chambre froide. Rôti au bout d’1h30 de set, je retournais sur la scène automne  où le duo Trade, composé de Surgeon et Blawan, prenait le cockpit de la scène en otage. Planant. Un set que les deux pilotes ont joué de manière débridée. Aussi bien sur le front que sur les ailes de la scène, ça décoiffait. Vrillant. D’ailleurs, il y en avait un qui aurait bien eu besoin d’un parachute. En effet, un petit malin a crû drôle de monter tout en haut du hangar… Le set a été interrompu durant une demi-heure afin de secourir cet inconscient, l’opération nécessitant une nacelle….

Tiens aussi, je viens de remarquer que je n’ai plus de batterie. Les smartphones n’ont hélas pas l’autonomie des téléphones portables d’antan… Petite idée pour l’année prochaine : installer des chargeurs solaires, comme au Dour Festival, ou du moins quelques stands où l’on pourrait recharger nos téléphones. 22h, c’est long…

A la fin d’un set qui fut malgré tout endiablant et très abouti, M.Dettmann prenait place.  Comme à son habitude, il a placé une  techno qui lui est propre. Un peu d’acid, un peu d’industrielle, un côté mental et le tour est joué cependant, encore une grosse coupure de son viendra ternir le set…

 

Au bout de 10 minutes c’en était trop… Surtout qu’en parallèle sur la scène printemps, Troxler faisait aussi un récital d’acid house, complétement dément, j’irai même jusqu’à dire : exaltant. Le floor, mouillé par une courte pluie qui a fait irruption durant la nuit, était jonché de bouteilles & gobelets en plastique reluisants avec ce lever du soleil magnifique qui nous a été offert. En prime, on pouvait assister au décollage de trois hélicoptères ou bien admirer le célèbre Air Force One.

De l’autre côté, on pouvait aussi se poser devant le camion BaZar, où tous les styles de musique électronique étaient mélangés, de la Jungle à la Trance en passant par la techno bien évidemment.

Il est déjà 8h30, il ne reste plus que le main event avec Derrick May, du moins… C’est ce que je croyais. Finalement, pour compenser le bug du son, Marcel Dettmann continue encore de jouer depuis 30min, et ce n’est que le début. On assistera finalement à 1h30 de set en plus, un cadeau en or pour les derniers survivants de cette deuxième édition du Weather.
9h30 : Derrick May je suis désolé, mais je n’ai plus assez de force pour aller assister à la fin de ton set. 18h30 de Techno… Je suis lessivé, je ne tiendrai pas une minute de plus.

Allez hop, il est temps de rentrer maintenant, en essayant de ne pas s’endormir entre chaque arrêt de métro et bus sur le chemin du retour.  A l’année prochaine, sûrement et… MERCI.

 

Une petite conclusion ?

Force est de constater  qu’une forte somme du bénéfice réalisé l’année dernière a été réinvestie lors de cette édition. En effet, il n’y a qu’à voir le site, les scènes sublimes, et la programmation pour faire taire les mauvaises langues de l’année dernière. Aucun problème pour l’eau cette année, ce qui était quand même le gros bémol de l’année dernière. Les artistes et le public ont répondus présent, la bonne humeur était aussi au rendez-vous.
Néanmoins l’année prochaine il faudrait rajouter des poubelles : le lieu ressemblait à une décharge au lever du soleil même si cela donnait un petit côté « dirty » sympa ; des stands de nourriture plus nombreux  et accessoirement moins cher ou bien alors de meilleure qualité (il en va de même pour la bière) et aussi éviter les coupures de sons à répétition qui nuisirent  à bon nombre de sets durant l’événement…

Soulignons la circulation très fluide au sein du festival (pas de bouchons entre les scènes), les nombreux shots de  Jägermeister offerts au public avec des polaroïds, les fraises (je n’en aurais même pas eu une seule, à mon regret) ainsi que les tomates gratuites, l’excellente organisation pour les bars et pour l’achat des tokens, le coin chill, le camion baZar avec son ambiance folle, par ailleurs, de nombreuses tables étaient aussi mises à disposition afin de manger.

On regrettera aussi que contrairement à l’année dernière, avec un événement moins long, nous avions le droit de sortir une fois avant 19h, plaisir que nous n’avons pas eu cette année …

 

Jérémie Blévin

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